FSM 2009 : Belém au Brésil, du 27 jan au 1er fév 2009
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Agrocarburants : Le « oui, mais » des organisations paysannes

L’un des thèmes majeurs qui a mobilisé le public ce 29 janvier 2009, troisième jour du Forum social mondial (FSM) à l’Université Fédérale de Para à Belèm, a concerné les risques et opportunités pour les organisations paysannes de la production d’agrocarburants.

Cette rencontre sur un sujet d’une actualité brulante, et qui a rassemblé un public venu de toutes les contrées du Brésil, d’Afrique, d’Europe, d’Asie et même de Palestine, a été organisée par « Solidarité Socialiste », association belge de développement luttant pour la souveraineté alimentaire et le travail décent.

Du Brésil au Bénin en passant par la Colombie, l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo, le Cameroun, le Sénégal, le Burkina Faso, la France et la Belgique, partout se pose avec acuité la question du développement des agrocarburants. Si au Brésil, et comme l’a souligné la coordonnatrice de la Fédération des organisations pour l’assistance sociale et pour l’éducation (Fase), Mme Leticia Turra, la monoculture du soja pour la production du biodiesel connaît un développement fulgurant, en Afrique, particulièrement au Burkina Faso, ce secteur en est à ses prémices. De l’avis de M. Dramane Ouédraogo qui représente la Fédération des groupements de producteurs de Nayala (Fgpn) au nord ouest du Burkina, ce pays d’Afrique de l’Ouest est confronté à deux problèmes majeurs : en premier lieu la question de la sécurité alimentaire, puis le déficit énergétique. « En 2006, explique M. Ouédraogo, le ministre chargé de l’Agriculture a autorisé le lancement par la firme française AGRO-AID de la phase expérimentale de la culture du jatropha. Cependant, ce n’est qu’en 2007 qu’une importante rencontre a été organisée, sous l’égide des bailleurs de fonds tels que le Pnud et la Banque mondiale, sur les enjeux de l’agrocarburant en Afrique. Cette réunion, qui a regroupé des organisations paysannes, des représentants de l’Etat et d’autres acteurs de la société civile, a été l’occasion d’aborder les questions majeures soulevée par ce secteur et notamment la concurrence entre cultures vivrières et agrocarburants, les besoins en eau du jatropha, le problème foncier, etc.

Aini, « l’Etat Burkinabé a donné son blanc seing tout en attirant l’attention sur le fait que la culture du jatropha ne devrait aucunement se substituer aux cultures vivrières. L’Etat prévoit de la développer en complément des cultures vivrières et de veiller à l’utilisation de la production de biodiesel pour la consommation nationale », souligne M. Ouédraogo.

Si la culture du Jatropha est déjà une réalité au Burkina et dans des pays africains tels que le Sénégal, la République démocratique du Congo de son côté, qui présente des caractéristiques géographiques proche de celles du Brésil précurseur dans ce domaine des agrocarburants, ne devrait pas rester en marge. Ainsi, pour Dany Singoma, représentant du Forum Social congolais, « si le mot agrocarburant est encore inconnu du grand public congolais, il n’en demeure pas moins que les hommes d’affaires et des membres de l’establishment s’activent autour de contrats d’exploitation ». Et d’ajouter : « Au moment où se pose de manière aigüe le problème de la souveraineté alimentaire au Congo, les multinationales s’accaparent les terres les plus fertiles pour la production d’agrocarburants ». Toutes choses qui conduisent M. Singoma à affirmer que les dommages constatés au Brésil guettent sérieusement la RDC, avec d’ailleurs des conséquences sans doute plus néfastes pour ce pays qui est loin d’atteindre le niveau de développement de la puissance émergeante que représente le Brésil.

Au Sénégal, même si la poussée du jatropha est encore timide et que la Compagnie sucrière sénégalaise s’est lancée très récemment dans la production d’éthanol, les organisations paysannes n’en sont pas moins sur leur garde. Pour les petits producteurs agricoles sénégalais, une concertation entre l’Etat et les différents acteurs concernés par la filière des agrocarburants s’impose. Rappelons que le jatropha ou tabanani en Wolof est bien connu des agriculteurs parmi les plus anciens. Cet arbuste servait auparavant de haies vives pour protéger les champs de cases et les potagers, mais aussi à délimiter les parcelles et le parcours du bétail afin d’éviter les conflits entre éleveurs et agriculteurs.

Mandiaye THIOBANE

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- 30/01/2009
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Mis à jour le 30 janvier 2009

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